Inktober Jour30: OMINOUS (Sinistre, Menaçant)

par | 30 Oct 2020 | inktober, mes écrits

30 octobre: OMINOUS (Sinistre, Menaçant)



Sébastien, jeune adolescent de 15 ans, était en train de garder deux enfants. Il avait mis des annonces chez les petits commerçants du coin. À son âge, on cherche à obtenir un peu d’argent de poche. Pour l’instant, un seul couple avait répondu à son annonce. C’était donc son tout premier baby-sitting.
La garde se passait bien. Il était chargé de les faire manger, puis de les mettre au lit. Ensuite, la soirée pourrait être à lui. Il regarderait la télévision, ou se plongerait dans son livre d’épouvante. Il n’avait pas encore choisi.
Avant de les coucher et parce qu’ils le lui réclamèrent, il leur raconta une histoire. Il avait attrapé un des livres qui traînait dans la chambre des enfants, et avait commencé à le leur lire. L’histoire s’était révélée assez banale, et remplie de mièvreries. Il prit vite conscience de ne pas être le seul à être ennuyé par autant de médiocrité.

Il prit un instant pour réfléchir, et se rappela de ce que sa maman lui racontait quand il était à la place de ces deux enfants. C’était souvent des histoires qui faisaient peur, quelque chose de sinistre. Surtout en début d’hiver. Chaque soir, fin octobre début novembre, elle commençait par lui raconter la même histoire. Puis nuit après nuit, elle rajoutait des détails, des protagonistes, des évènements. Il s’agissait toujours d’un meurtre sanglant. En grandissant, il avait compris que sa mère jouait à lui faire peur. En période d’Halloween, elle voulait marquer le coup.
Il s’avéra que ce soir-là, c’était justement le mois d’octobre. Halloween approchait à grands pas. Déjà les décorations dans les rues se coloraient d’orange. Dans la maison même, il avait pu observer des prémices de préparation, avec une citrouille qui trônait dans la cuisine en attente d’être creusée.

C’était peut-être l’occasion de voir s’il se rappelait de l’histoire de sa maman. Et puis ça pouvait être amusant de faire peur aux enfants.
Comme sa mère le faisait avant lui, Sébastien inspecta la chambre des enfants, pour rajouter des détails qui leur parleraient. Leur faire penser que la scène qu’il allait leur décrire s’était déroulée dans leurs chambres avait son importance pour poser l’ambiance et la rendre plus effrayante.

– « Les parents étaient de sortie ce soir-là, et les enfants étaient gardés par un jeune garçon. C’était le moment du coucher, et il venait de commencer à leur raconter une histoire pour s’endormir. »

Déjà là, les enfants avaient accroché. Ils le regardaient, muets, obnubilés par le mouvement de ses lèvres.

– « C’était une maison assez ancienne, en bois. Des craquements se faisaient entendre régulièrement. Le tueur était rentré par la porte du jardin, laissé ouverte par l’inattention d’un des enfants de la famille. Le bruit qu’il faisait ne se démarquait pas de celui de la vieille maison. Il portait un masque blanc, maculé de traces de sang… »

Passionnés par l’histoire, aucun, pas même le baby-sitter ne se rendit compte tout de suite que les parents étaient finalement rentrés plus tôt. Entendant que quelque chose se racontait, ils ne firent pas de bruit, et allèrent eux aussi écouter.
Le baby-sitter faisait des jeux de lumière avec une lampe de poche pour que l’ambiance soit encore plus effrayante. Du coin de l’œil, il vit les parents. Pas perturbé pour un sou, il leur fit un clin d’œil et décida de les intégrer au récit.
Les enfants, concentrés, le regardaient avec des yeux ronds. Ils étaient apeurés mais tout de même pris au jeu de l’histoire. Il fallait dire que Sébastien y mettait tout son cœur.

– « Et ce soir… C’est justement le soir où cette histoire se déroule habituellement… dans la chambre d’enfant, le tueur au masque est de sortie… et…  »

En commençant cette phrase, il tourna la lampe de poche en direction de la porte, là où les parents étaient. Le silence était assourdissant. Ce fut cet instant que choisit la porte du placard pour grincer. Le jeune homme sursauta. Le faisceau lumineux, dirigé au départ vers la porte, fit volte-face pour s’orienter vers le placard. Une silhouette se détachait de l’ombre projetée par la lampe. Les petits hurlèrent de terreur. La forme humaine fit un pas en avant. La lampe sur le visage permit de voir le masque blanc, maculé de taches de sang…
Sébastien reconnut alors la voix de l’intrus :

– « Je suis heureuse que tu te souviennes de ce que je te racontais de mes soirées quand tu étais plus jeune… »

Dans un geste vif, elle abattit sa lame de couteau sur le père encore surpris de l’apparition. Le sang gicla sur le masque blanc…

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