Inktober Jour29: SHOES (Chaussures)

par | 29 Oct 2020 | inktober, Mes Écrits

29 octobre: SHOES (Chaussures)



Julie rentre du travail, il est 19 h.
Ce n’est pas la première fois qu’elle remarque ces deux types qui la regardent intensément. En plus des regards lourds de sous-entendus, souvent ils la sifflent. Parfois ils engagent le dialogue, enfin, le monologue. Avec des « Passe ton 06 » ou des « J’habite là, tu montes ? ».
D’habitude ils n’aggravent pas le malaise déjà important, et finissent par la laisser tranquille. Notez que ça ne l’empêche pas d’avoir peur, et de systématiquement changer de trottoir, voire d’itinéraire pour les éviter.
Mais ce soir-là, ils la suivent un peu plus longtemps. Elle tente la technique de mettre les écouteurs dans les oreilles pour faire semblant qu’elle ne les entend pas. C’est dur de rester stoïque malgré tout. La boule au ventre n’en est pas moins présente. Ça ne fonctionne pas, ils ne la lâchent pas. Elle en tremble tellement que les écouteurs n’arrivent pas à tenir. La rue est déserte. Complètement affolée, elle compose un numéro sur son téléphone, pour appeler à l’aide. Ne pas être seule pour vivre cette situation. Même si l’autre personne au bout du fil n’est pas physiquement présente, ça peut faire fuir les deux hommes se dit-elle. Elle n’y croit pas vraiment, mais il lui faut quelque chose auquel se raccrocher.
L’un des hommes lui attrape la main, et lui arrache son téléphone.

– « Tu fais quoi là ? Tu nous ignores ? C’est une mauvaise idée ça ! »

Elle tressaille de terreur.

Sabrina vient de rentrer chez elle. Transpirante de son footing, elle prend juste le temps d’enlever ses chaussures et de les poser sur le balcon pour éviter les mauvaises odeurs dans l’appartement. Elle file sous la douche. Noisette, son chat, en profite pour se glisser sur le balcon.

Tiens tiens, qu’est-ce que c’est que cette odeur musquée… ?

Elle se dirige, narine vigilante vers la paire de baskets enlevées à la va-vite.

Très intéressant ! Ça donne envie de jouer ces lacets défaits. Regarde-moi ça, comme ils me provoquent…

Toute excitée par les effluves et les mouvements des lacets qu’elle tapote de la patte, Noisette a trouvé son jeu du soir. Elle joue tant et si bien, qu’une des chaussures est projetée par-dessus le balcon.

Sabrina a juste le temps de voir sa chaussure disparaître en sortant de la salle de bain. Dans sa tête, elle réalise qu’il va y avoir 8 étages de chute. Elle court au balcon pour s’assurer que personne ne sera blessé, et au besoin, crier de prendre garde.

Un cri vient d’en haut.
L’un des deux agresseurs de Julie a à peine le temps de lever la tête qu’il reçoit une chaussure en pleine face. Le choc l’assomme sur le coup.
Le destin est parfois miraculeux, dans un rebond, la basket vient heurter l’arcade sourcilière du deuxième. Sonné, il s’affaisse sur le trottoir à son tour.

Sabrina descend le plus vite possible les 6 étages de l’immeuble, et se retrouve devant une Julie affolée, qui lui explique ce qui s’est passé. Elles appellent la police, avant que les agresseurs ne puissent se relever. Elles n’ont pas à attendre longtemps, car heureusement, une patrouille passait dans le coin.

Noisette vient de mettre hors d’état de nuire deux dangereux assaillants. Julie ne manque plus une occasion de venir lui donner quelques caresses en sortant du travail, et en profite pour venir papoter avec sa nouvelle amie.

Lire un autre article:

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *