Énigmes

Une énigme, je ne vous l’apprends pas, peut mettre votre logique à rude épreuve.

Son principe est que la réponse peut être devant nos yeux, mais qu’elle ne nous est pas forcément accessible. La solution qui va nous apparaître en premier, est rarement la bonne.
Si l’énigme est bien faite, celui à qui elle est posée va passer par de nombreuses hypothèses avant de trouver la réponse, ou avant qu’il déclare forfait.

Si on y réfléchit bien, un livre de fiction fonctionne souvent de la même manière. Pour qu’il soit réussi, il se doit de surprendre son lecteur à la fin. On passe par de multiple hypothèses avant d’avoir la solution. C’est vrai, pour un roman policier bien sûr, mais c’est aussi vrai pour n’importe quelle autre fiction. On ne sait jamais comment le ou les héros vont se sortir du pétrin, et même s’ils vont s’en sortir tout court. Si on sait déjà comment ça va se dérouler, tout le suspense est brisé, et l’intérêt de la lecture en est annihilé.
Pour que ça fonctionne, il faut que la situation nous paraisse soit sans issue, soit évidente, jusqu’à ce que l’auteur nous amène par un chemin auquel nous n’avions pas pensé, au dénouement.
Ceci est vrai si, du côté du lecteur, les indices qu’on a semblé nous laisser étaient suffisamment camouflés pour qu’on ait l’impression de les avoir trouvés par nous même, et qu’il n’y a pas supercherie. Il faut que ces faux indices nous dirigent vers une fausse piste, qui paraît pourtant la plus logique. Comme dans une énigme.
Attention pourtant, les vrais indices doivent aussi être présents ! Il faut que le lecteur, après réflexion puisse se dire « Mais oui, évidemment c’était ça la solution, je l’avais devant les yeux ». On veut rarement d’une « résolution à la Sherlock Holmes », comme j’aime les appeler. En effet, on suit l’enquête de près avec le célèbre détective, puis sans crier gare il a trouvé la solution en se basant sur des indices que nous n’avions pas, pariant sur le fait que son incroyable sens de la déduction et de l’observation nous était inaccessible. Cela fonctionne pour Sherlock Holmes, car l’histoire est basée justement sur ses capacités hors du commun. Mais à y réfléchir, dans tout autre histoire, cela aurait quelque chose de frustrant. À moins de vouloir surprendre le lecteur sporadiquement, on risque de lui faire fermer le livre. Un des plaisirs de la lecture, ne l’oublions pas, c’est aussi de deviner ce qui va bien pouvoir se passer ensuite. Ne pas simplement être passif devant les pages qui se tournent, mais de faire « travailler » l’imagination.

Des auteurs très connus ont d’ailleurs directement utilisé des énigmes pour garder le lecteur en haleine au cours de l’histoire. Je pense bien évidemment à JRR. Tolkien, et le jeu d’énigmes entre Bilbo et Gollum dans « Bilbo le Hobbit », mais aussi à Bernard Werber, dans « Les fourmis », où une énigme avec des allumettes tient une bonne place dans le récit.

En plus du fait que je sois moi-même friand de ce type de devinette, cette rubrique découle directement de la suite de cette réflexion. Plus on se familiarise avec des énigmes, plus ce schéma de narration pourra nous paraître logique.
Je vais donc régulièrement vous proposer une énigme, dont la réponse sera ajoutée la semaine suivante, histoire de développer nos logiques.

À vos neurones !

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